3# Retrouver sa joie, comment?

J’aimerais maintenant que nous voyagions dans l’Ancien Testament, là où le Saint Esprit, j’en suis convaincu, va nous rendre capable, en toutes circonstances, de revenir à cette joie, ce bonheur que Dieu a pour nous. Suivez-moi au pays natal d’un prophète bien connu, Élie.

1 Rois 17, verset 1 : « Élie, le Tichbite, l’un des habitants de Galaad, dit à Achab : l’Éternel est vivant, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens ! Il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole. (v2) Puis la parole de l’Éternel lui fut adressée en ces mots : (v3) Pars d’ici, dirige-toi vers l’orient, et cache-toi près du torrent de Kerith qui est en face du Jourdain. (v4) Tu boiras de l’eau du torrent, et j’ai ordonné aux corbeaux de te nourrir là. (v5) Il partit, il fit selon la parole de l’Éternel, et il alla s’établir près du torrent de Kerith qui est en face du Jourdain. (v6) Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin, et du pain et de la viande le soir, et il buvait à l’eau du torrent ».

Quelle chance pour nous que la Bible ait précisé qu’Élie était un homme de même nature que nous ! Parce qu’à voir la vie d’Élie, on dirait plutôt un surhomme. Il commande les nuages, il arrête la pluie, il ordonne la sécheresse, il précipite le feu du ciel ! Il est surnaturellement enlevé par l’Esprit lorsque les soldats du roi le trouvent pour le tuer ! C’est sûrement le personnage que j’ai le plus étudié. Sa vie est si extraordinaire ! Certains rabbins le considéraient presque comme un surhomme. On pourrait le croire en effet, jusqu’à ce qu’on lise la lettre de l’Apôtre Jacques : « Élie était un homme de même nature que nous » (5/17). Élie était un homme normal ! Et dans ce texte, le mot « nature » veut dire littéralement que c’était un homme de nature pécheresse comme toi et moi ! Il signifie même très exactement « passion pécheresse ». Élie possédait donc notre nature déchue ! Il connaissait le découragement, le doute, la tentation, les faux raisonnements… comme nous ! Même s’il est fort peu probable qu’Élie fut un homme qui se complaisait dans le péché, cela permet de conclure qu’il vivait exactement les mêmes tentations que nous.

On en sait peu sur lui, mais il venait de Galaad, région très montagneuse et semi-désertique située sur la rive Est du Jourdain. On tenait les gens de Galaad pour assez pauvres et dépourvus d’instruction. Elie ne sortait pas d’une université prestigieuse… Soit il était berger, parce qu’il y avait quelques bergers dans cette région, soit il cultivait la terre, soit c’était un fermier comme Elisée. Mais un fait est certain, lorsqu’on étudie sa vie dans la Bible : ce n’est pas par le coup de baguette magique d’un ange de l’Éternel qu’Élie s’est transformé en homme de Dieu ! « Et bing ! Tiens, toi, le Seigneur t’a choisi pour prophétiser ! » Non. Aucune foudre spirituelle n’est descendue sur lui. En réalité, Élie était un homme profondément contrit par la déchéance et la dépravation de son peuple, et c’est cela qui l’a conduit à Dieu. Lorsqu’il apprit comment les chefs religieux et les chefs d’Etat de son temps se roulaient dans le péché et dans la magouille, lorsqu’il vit partout la superficialité et la religiosité, et son peuple sans réaction devant ces choses, Elie en fut terriblement attristé. « Mais ce n’est pas possible, ce n’est pas possible ! ».

La Bible le présente comme un homme de prière toute sa vie durant. Il avait dû commencer derrière son troupeau ou dans les champs, qui sait ? Mais à un moment donné, Elie a tourné son cœur vers Dieu et s’est mis à l’implorer, en répandant peut-être simplement son indignation et sa frustration devant l’Éternel… « Mais, Seigneur, c’est le peuple que tu es allé chercher en Egypte ! C’est le peuple devant lequel le roi David sortait et qui a vécu tant de merveilles avec toi ! Et voici maintenant le roi Achab marié à cette Jézabel, une ensorceleuse qui a invité quatre cents sorciers à la table du roi ! Je ne peux pas croire que la maison de Dieu soit maintenant remplie de diablerie ! » Son cœur était tellement déchiré. Mais il ne s’est pas laissé abattre ou décourager, comme parfois certains le font devant une situation difficile, devant leur couple ou leur famille, devant leurs propres luttes intérieures… Il ne s’est pas écroulé. ÉLIE S’EST TOURNÉ VERS DIEU !… Et Dieu l’a rencontré. « Approchez-vous de lui, il s’approchera de vous » dit la Bible (Jacques 4/8). Et si vous l’avez déjà expérimenté, vous savez de quoi je parle : car quand tu t’approches de Dieu, tout à coup, une flamme s’allume dans ton cœur. Au début, c’est juste une étincelle, mais très vite elle s’embrase et gagne tout ton cœur, puis toute ta vie. Élie a reçu cette flamme en s’approchant de Dieu, puis se sont ajoutées les unes aux autres les expériences spirituelles avec le Seigneur, jusqu’au jour où il reçut cette direction précise, fracassante, surprenante de sa part : « Tu vas aller voir le roi, et tu vas déclarer qu’il n’y aura plus de pluie et que ce sera la sécheresse, afin de ramener vers moi le cœur de mon peuple ». Et Élie sort de son « nulle part », il quitte Tichbé, son petit village, traverse le Jourdain, arrive à Jérusalem et se rend au palais. Là, alors que personne ne le connaît, il demande un entretien au roi, et lui dit, en le pointant du doigt : « …Je ne suis peut-être qu’un petit paysan, mais je me tiens devant Dieu. Et l’Éternel m’a donné une parole… » Et il va défier le roi. Rempli du Saint-Esprit, il va annoncer : « Il n’y aura plus de pluie, sinon à ma parole ». DIEU L’A INVESTI D’UNE AUTORITÉ SPIRITUELLE.

Lorsque Dieu embrase le cœur d’un homme ainsi, même s’il traverse une phase de découragement, il le vit comme quelque chose de divin. Plus tard, lorsqu’Élie voulut mourir dans le désert, ça n’était pas n’importe quel découragement, parce que même à ce moment-là, il disait en s’adressant à Dieu : « Je suis zélé pour l’Éternel » (1Rois19/10). Et le mot « zélé » veut dire « brûler ». Cela signifiait : « Même découragé, je brûle encore de te servir, mon Dieu ! Ô Dieu, je suis abattu, j’ai l’impression d’avoir échoué dans ma mission, mais je brûle pour toi !… » Et quand Dieu élève un homme de cette manière, qu’il travaille dans son cœur, qu’il l’envoie et qu’il se met à se servir de lui, croyez-moi, c’est beau, c’est merveilleux, c’est victorieux jusqu’à la fin, MAIS ÇA NE SE FERA PAS SANS RISQUES ET SANS RIPOSTES.

Et Dieu est si bon qu’il ordonne à Élie : « Va-t’en d’ici. Ne reste pas là. Ta vie est en danger. Je vais te nourrir et te protéger, mais tu vas te cacher dans un endroit très précis ». Il n’a pas dit : « Fuis là où tu voudras… » ! Dieu a décidé pour lui : « Tu vas aller au torrent de Kerith ». Et quand on examine les textes, ce que je trouve extraordinaire, c’est que Kerith, c’était juste à côté de Tichbé ! « Tu viens de là ». Le torrent de Kerith, Élie le connaissait très bien ! Cette région, avec ses escarpements rocheux, Élie l’avait sillonnée. Les fils des prophètes, les élèves de l’école qu’Élie avait fondée, le tenaient pour un homme qui se cachait dans les déclivités de cette contrée peu hospitalière afin de chercher la face de Dieu. Et quand Dieu lui dit : « Tu vas retourner au torrent de Kerith, c’était comme si Dieu l’appelait à revenir à sa base, là où il avait commencé. Dieu savait qu’il serait combattu. CAR LES COMBATS SPIRITUELS EXISTENT. Il faut le savoir. Tout comme il faut savoir que le Libérateur, le Saint-Esprit est avec nous et pour nous !

Oui, Dieu savait que son serviteur serait attaqué physiquement mais aussi menacé spirituellement. Et pour protéger ses pensées, pour garder son âme, il fallait qu’il retourne là où tout avait commencé. Il serait plus fort dans ce contexte où il avait tellement souvent prié, en marchant dans les champs ou assis sur un rocher, quelque part, le long du torrent, dans tous ces lieux dont il pouvait dire : « Ah oui, là-bas, Dieu m’avait touché… ». Lorsque notre Père nous approche ainsi, on s’en souvient. Et quand on repasse au même endroit, on se dit : « Ah, ici, le Seigneur m’avait parlé ! »… « Quand je vivais là, je me souviens de la maison, je me revois encore, à genoux, ma Bible ouverte devant moi, et Dieu m’avait merveilleusement béni… » Quand un homme se lève ainsi, embrasé pour Dieu, l’ennemi grince des dents. Les hordes de l’enfer sont contre lui. Satan fera tout pour tuer la flamme qui l’anime… Mais Dieu est tellement bon ! Il met son serviteur à part pour le protéger. Il lui dit : « Tu vas retourner là où tu as vécu un réveil, là où je t’ai préparé, là où on s’est parlé, là où j’avais mis ma main sur ta vie… LÀ OÙ J’AI DÉPOSÉ MON ONCTION SUR TOI.

Et alors que Dieu le ramène là, ce revêtement psychologique, spirituel et physique descend sur Élie pour le préparer à l’épisode de la veuve de Sarepta, au cours duquel il verra une résurrection, et pour le disposer à susciter un réveil dans sa communauté, parmi son peuple. Le Seigneur va de nouveau le fortifier, là. Il sait qu’il affrontera des attaques et recevra des menaces ; il sait bien qu’Achab va répandre des calomnies sur lui. Déjà partout en Israël, on dit : « C’est la faute d’Élie, s’il y a la sécheresse. Prophète de malheur ! ». Et même trois ans plus tard, lorsqu’Élie reviendra voir le roi face à face, Achab lui dira : « Ah, c’est toi qui jette le malheur sur Israël ! » Mais à ce moment-là, Élie sera prêt. Affermi. Parce qu’avant, il est retourné au torrent de Kerith, là où Dieu l’avait visité. Élie était un habitué de ces grands espaces où il avait pu se rassasier de la paix, de l’amour et de la présence de JÉSUS… Jésus, oui, car le même Jésus qui me visite, c’est le même Jésus qui le visitait, lui ! Jésus-Christ est bien le même, hier, aujourd’hui et éternellement (Hébreux 13/8), n’est-ce pas ? Alors il possède le même parfum, la même présence, la même paix, le même amour qu’en ce temps-là… C’ÉTAIT LE MÊME DIEU QU’ÉLIE CONNAISSAIT ! Il retournait dans le contexte de cette présence divine. Il en avait besoin pour être fort, pour être capable de demeurer dans la joie et la paix de Dieu malgré les attaques physiques, mais aussi invisibles, qui ne manqueraient pas de survenir.

Et ce qui est remarquable, dans la Parole de Dieu, c’est qu’entre l’Ancien et le Nouveau Testament, il existe comme une symétrie divine, entre ce que nous voyons de façon visible dans l’Ancien Testament, et ce qui se passe dans nos cœurs de façon invisible dans le Nouveau Testament. Le temple de Jérusalem, c’est ton cœur ! C’est toi le nouveau temple ! Le peuple de Dieu sorti d’Égypte préfigure tout simplement notre nouvelle naissance ! Ce que vit Élie ici, sont des choses visibles, qui ont un sens invisible pour nos vies ! Dieu ramène Élie à Kerith, à Tichbé, qui est un lieu géographique ; et alors qu’Élie retourne dans cet endroit matériel, physique, ça représente pour nous quelque chose de spirituel ! Il y a cette symétrie extraordinaire entre l’Ancien et le Nouveau Testament, où l’Ancien, c’était l’ombre ! Et nous on regarde plus seulement à cette ombre, mais ON REGARDE À LA PLEINE RÉVÉLATION QUE DIEU VEUT DÉPOSER DANS NOS VIES !… Et cet éclairage divin va nous conduire à savoir demeurer dans la joie du Seigneur… en retournant, comme Élie, à nos fondations, à notre B-A BA.

On sait que les plus grands joueurs de tennis sont ceux qui maîtrisent le mieux leur B-A BA ! Et chaque métier possède son ABC. Si tu l’oublies, tôt ou tard tu vas déraper ! Dans ta marche personnelle avec Dieu, il y en a un aussi : il y a un torrent de Kerith, un Tichbé, un endroit spécial… Si tu n’as pas encore vécu cette nouvelle naissance avec Dieu, sache qu’il t’aime et désire t’y conduire. La nouvelle naissance, selon moi, c’est ce qu’Élie a expérimenté à Kerith, dans cette région de Galaad où il a connu son Dieu. Quand tu lui donnes ton cœur, au début, dans tout ce que tu vis tu ressens une telle faim de Dieu… Et tu dévores la Bible, et tu soulignes tout, même les généalogies, parce que ça te parle ! Une sœur te dit que Dieu est bon : tu as déjà la larme à l’œil ! Et les chants qui n’émeuvent personne, toi, te touchent. C’est de cela dont le Seigneur parle quand il interpelle l’église d’Éphèse dans le livre de l’Apocalypse (2/4) : « Reviens à ton premier amour ». A l’amour du début. Dieu prend Élie pour le ramener dans son premier amour. IL FAUT QUE TU DEMEURES LÀ, TOI AUSSI ! C’est la meilleure fondation pour vivre une joie, une paix, une véritable stabilité dans ta vie. Pour cela ne t’éloigne jamais des bases de la vie chrétienne que tu as reçues de Dieu à travers sa Parole. Elles sont la fondation de tout le reste.