1# Toi suis-moi

1. Une manifestation miraculeuse

L’une des plus grandes épreuves sportives au monde s’appelle le « Iron Man » à Hawaï. Dans la famille du triathlon, c’est un défi presque surhumain. Des athlètes de très haut niveau professionnel y ont échoué. Après avoir nagé cinq kilomètres, on roule plus de deux cent kilomètres à vélo, puis on laisse le vélo pour courir un marathon à une température d’environ 35 à 40° Celsius. Un de mes proches l’a tenté plusieurs fois. « Iron Man passe de l’impossible au possible », disait un reporter un jour aux infos. « Deux lettres seulement séparent l’impossible du possible. Ce sont les lettres i et m… » Lui vendait son sujet en disant : « c’est le Iron Man : i et m ! »

L’expression « Iron Man » en anglais signifie littéralement « homme de fer ». Mais dans la culture anglo-saxonne, ça veut dire : « c’est un surhomme ; quelqu’un qui peut traverser n’importe quoi ». Et le journaliste disait : « Iron Man passe de l’impossible au possible. » A ces mots, j’explosais : « Alléluia, c’est ça !… L’Iron Man, c’est Jésus ! » Il est plus qu’un surhomme : il est le Fils de Dieu qui s’est incarné, qui est venu sur la terre : il a rendu possible l’impossible ! Car dans les quatre évangiles, ce que nous lisons de lui page après page, chapitre après chapitre, c’est l’amour véritable, c’est la grâce de Dieu, le miracle de Dieu, la puissance de Dieu !

Un miracle unique se déroule dans le chapitre 21 de l’évangile de Jean. Sans être extrêmement spectaculaire, c’est pourtant le miracle des miracles ; le plus important et le plus chéri au cœur de notre Seigneur : celui de transformer une vie, celui de changer un cœur. On lit au verset premier : « Après cela, Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur les bords de la mer de Tibériade. » Jésus s’est manifesté. Voici comment.
Aujourd’hui ce n’est pas physique, mais spirituel, lorsque la présence de Dieu est dans un lieu. Ce que nous vivons alors est plus fort que des sensations, plus fort que des émotions. Car nous savons que Jésus est vivant ! Nous connaissons sa présence. Ce n’est pas de la manipulation ; personne n’essaie de nous diriger en pénétrant nos vies privées. Une secte essaie de contrôler la vie des gens. Mais le vrai message prêche l’évangile simplement. Il annonce que Dieu peut transformer des vies. Et chacun fait son choix, étant complètement libre de prendre sa décision.

Nos yeux ne peuvent pas le voir comme les disciples l’ont vu ce jour-là, mais nos yeux spirituels le contemplent ! Et lorsque Jésus se manifeste, il transforme les cœurs ! Oui, il prend soin de nous. Oui, il peut pourvoir à nos besoins. Oui, Dieu guérit encore aujourd’hui ; on le sait, on l’a vu faire ! Mais l’intérêt de Dieu, le business de Dieu, ce qui importe le plus, ce qui focalise l’attention du Seigneur, de loin et par-dessus tout, c’est de changer le cœur de l’homme !

Jésus aime la multitude. La Bible dit dans Esaïe 53 que des foules viendront à lui. Effectivement des millions de chrétiens l’adorent et le suivent à travers le monde d’aujourd’hui. Mais nous allons découvrir qu’en même temps, Jésus est le Dieu de l’individu. C’est un mystère ! Nul ne peut expliquer comment Jésus peut être un Dieu personnel et unique pour moi comme pour vous, et cela au même instant ! Il est Dieu. Je ne vous demande pas de le comprendre mais je vous invite à le croire. Cela dépasse mon entendement, mais je crois qu’il en est capable. C’est ce qui ressort de cet échange au bord du lac de Tibériade, lorsque Jésus se manifesta aux disciples.

Certains théologiens pensent qu’à la fin de sa vie, Jean a écrit son évangile, puis y serait revenu, et aurait ajouté comme un appendice le chapitre 21. Ce texte est unique. De tous les évangiles, il n’y a que Jean, dans ce chapitre, qui nous présente un Jésus qui est si personnel, et qui s’intéresse à un dénommé Pierre. Cela va nous conduire à deux perspectives : Jésus a réparé le passé, et Jésus a préparé le futur pour Pierre.
Le rêve brisé

Si vous connaissez un peu l’histoire de Pierre, ou si vous avez une petite base de l’évangile, vous savez que Pierre a renié Jésus pendant sa comparution. Où était Pierre au moment de la crucifixion ? L’apôtre l’indiquera lui-même dans son épitre plus tard : il était présent, bien qu’il ait renié le Seigneur. Mais dans quel état d’esprit se trouvait-il alors, sachant qu’il rêvait précédemment de marcher avec Dieu, de vivre pour Dieu ?
Sur un vol pour le Canada, il y a deux ans, j’étais assis sans le savoir à côté d’une star. On s’est mis à bavarder, et lorsqu’elle a su que j’étais pasteur, elle m’a raconté ceci : « Quand j’étais petite, à l’âge de dix-onze ans, j’entendais une voix dans mon cœur. Je savais que c’était le Bon Dieu qui me parlait. Cette voix disait : « Tu es à moi, tu es à moi, suis-moi !»… Dieu communique avec le cœur de l’homme. Peu importe la société dans laquelle on vit. Parmi nous, il y a des gens qui aiment Dieu. Peut-être n’iront-ils pas à l’église, peut-être ne vont-ils pas le manifester, peut-être ne lisent-ils pas la Bible, mais au fond de leur cœur, ils éprouvent du respect pour Dieu. Ils savent qu’il existe.

Une jeune étudiante à l’université m’a envoyé un e-mail il y a quelques mois, me disant : « Pasteur, j’ai grandi toute ma vie dans un contexte catholique, et mes parents étaient complètement athées. Mais j’ai vécu avec une fibre céleste en moi. Je savais que Dieu existe. » Aujourd’hui, elle a fait la paix avec Dieu, et elle marche avec Lui. Il y a des gens partout autour de nous qui savent au fond d’eux-mêmes que Dieu existe. Car leur âme conserve en eux le rêve brisé de cheminer avec Dieu.

Et Pierre représente ces gens-là. Il rêvait de marcher avec Jésus, mais à un moment donné, il l’a déçu. Non seulement il a brisé son propre rêve, mais il a fait tout le contraire de ce à quoi il aspirait. Et comme un pécheur, il s’est effondré en s’associant avec des gens de mauvaise vie qui ricanent grossièrement autour d’un feu. Et alors que la honte le gagnait, tout à coup le regard de Jésus croisa le sien. Un malaise l’empoigna ! Il avait tout brisé, il avait renié Jésus ! Et la Bible dit (Matthieu 26 : 75) : « Pierre sortit et pleura profondément. » Une autre version précise : « Pierre pleura amèrement ».

Alors que Jean, Marie et d’autres disciples étaient au pied de la croix, où donc était Pierre ? Sûrement très loin derrière, parce qu’il dit qu’il était là, dans son épitre. Il était là avec son tourment. Rongé par son péché, il s’est cru éjecté, abandonné : « Il est en train de donner sa vie pour moi, et moi je ne suis même pas capable d’avouer que je lui appartiens ». Après cela, Pierre s’en est retourné, chargé de cette immense tristesse, totalement déçu de lui-même.

Mais Jésus revint vers lui et le fit entrer dans une nouvelle vie. Les évangiles attestent qu’avant Jean 21, Pierre a eu déjà trois rencontres avec lui. Ce chapitre 21 précise que c’était la troisième rencontre que les disciples avaient avec Jésus, alors que Paul spécifie (1 Corinthiens 15 : 5) que Pierre avait eu une rencontre seul avec Jésus, lorsqu’il est ressuscité. On ne sait ni où ni quand, et on ne sait pas ce qu’ils se sont dit. C’est un mystère. Mais Pierre a vécu une toute première rencontre personnelle avec Jésus. Peut-être est-ce votre cas aussi. Il s’est approché de vous déjà, peut-être dans votre salon, peut-être dans une église, ou au volant de votre voiture ; vous avez été touché par Dieu ; vous avez expérimenté quelque chose de profond avec lui… et vous savez qu’il est vivant.

Pierre, lui, ne pouvait même pas en parler, Pierre n’en a jamais parlé ! Si Paul ne l’avait pas spécifié, personne ne l’aurait su. Sûrement que le Seigneur lui avait offert son pardon ! Mais malgré cette entrevue le trouble de Pierre ne se dissipait pas. Il éprouvait des remords, il conservait des regrets. Pierre regardait à Lui. Jésus le conduisit alors dans une nouvelle vie, une nouvelle alliance, une nouvelle mentalité.

2. L’amour est plus fort

Il y a deux parties dans votre Bible. La première s’appelle l’Ancien Testament, et la seconde le Nouveau Testament, que l’on appelle aussi l’Ancienne Alliance et la Nouvelle Alliance. L’Ancienne Alliance braque tous ses projecteurs sur l’homme. Elle lui demande : « Marche avec Dieu, il faut que tu sois fidèle, il faut que tu plaises à Dieu, tu dois être obéissant. » Elle place toute la charge sur l’homme. Au lac Tibériade, c’est comme si Jésus était venu dire : « Pierre, ça ne dépend plus de toi. Maintenant ça dépend de moi. » L’homme a tellement essayé. Les religions essaient toutes de plaire à Dieu, de grimper jusqu’au ciel. Alors que c’est le ciel qui est descendu pour nous prendre par la main ! « Pierre, je vais te faire entrer dans une nouvelle mentalité : ça ne dépend plus de toi. Ça dépend de moi. » Et Jésus va manifester cette Nouvelle Alliance.

Alors qu’est-ce que la Nouvelle Alliance ? C’est Dieu qui s’engage envers nous. Et dans Jean 21, Jésus va indiquer jusqu’où Dieu peut aller lorsqu’il s’engage envers une personne. Il est possible que vous vous sentiez mal, que vous vous sentiez tirés ou poussés par Dieu, que lorsque vous vous éloignez de lui, ça n’aille plus. Vous observez des personnes qui pèchent, qui vivent une vie sans Dieu, qui semblent n’éprouver aucun malaise, et vous pensez : « Comment se fait-il que moi, dès que je fais la moindre chose mauvaise, je sois troublé(e) ? » C’est parce que Dieu vous aime ! Un jour, je ne sais ni où ni quand, Dieu a fait une alliance avec vous. Et quand Dieu fait une alliance avec quelqu’un, il ne le laisse plus partir. Parce que dans la Nouvelle Alliance, c’est lui le responsable ! Il doit tenir sa Parole. Et Pierre est l’ami de Jésus, il est son serviteur. Jésus, qui est un Dieu individuel, personnel, ne le laisse plus partir. Il pense à lui.

Le Cantique des cantiques dépeint ainsi la manifestation de l’amour (Cantique 8 : 7) : « Même les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour. » (On pourrait traduire par tsunami ou raz de marée) Lorsque Jésus livra sa vie au Seigneur, à Gethsémané, un raz de marée d’un millier d‘hommes armés d’épées, de bâtons, et de torches a fondu sur lui pour l’arrêter. Il est écrit (1 Jean 4 : 8) que « Dieu est amour » et que (Jean 3 : 16) : « Dieu a tant aimé les hommes, qu’il a donné son propre Fils ». Jésus, dans sa nature d’amour, a cette capacité dont nous sommes dépourvus, de savoir souffrir sans regarder à lui-même. Il reste centré sur l’autre.

Quand une personne s’approche de Dieu, la nature de Dieu grandit en elle. Lorsqu’Etienne a été lapidé, alors que les projectiles frappaient sa tête et son visage jusqu’à la commotion cérébrale, la Bible rapporte que dans son sang, Etienne regardait ceux qui lui lançaient les pierres, et pensait à leur éternité. Il pria (Actes 7 : 60) : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » Un homme naturel ne peut pas penser comme ça. C’est la nature de Dieu qui est montée en Etienne. Approchez-vous de lui, et sa nature montera en vous ; éloignez-vous de lui, et sa nature descendra en vous. Jésus à Gethsémané eut cette faculté, alors que les soldats venaient l’arrêter, de penser à ses disciples, et de prendre autorité, en disant (Jean 18 : 8) : « Laissez aller mes disciples. » Lui se livrait, mais il voulait les préserver. Quel amour fort, alors qu’un flot de péché et de méchanceté s’abattait sur lui !

C’est comme si un homme se trouvait sur une plage alors qu’un raz de marée arrive, détruisant tout sur son passage. Mais une fois le tsunami passé, l’homme se tient miraculeusement debout, droit et ferme ! Ça c’est Jésus-Christ ! Dans son amour total, Jésus pouvait souffrir, se livrer, être pendu à la croix, et se soucier de Pierre. C’est un Dieu personnel.

Le Cantique des cantiques nous apprend aussi que (Cantique 8 : 6) : « l’amour est fort comme la mort ». Mais Paul surenchérit dans 1 Corinthien 13 : 8 : « L’amour ne périt jamais. » Il est plus fort que la mort ! Et Jésus l’a dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Pierre était son ami. A coup sûr Jésus, rendant son dernier souffle sur la croix, gardait Pierre à l’esprit, tout en fermant les yeux pour la dernière fois.

Bien plus encore, la Bible affirme que l’amour est plus fort que l’enfer. Nous savons que Jésus est descendu aux enfers (Apocalypse 1 : 18) : « … J’étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. » Et Jésus en est ressorti vivant ! Matthieu rapporte aussi que Jésus a donné les clés à Pierre (Matthieu 16 : 19). Ce n’est pas que Jésus voulait faire de Pierre un surhomme. C’était une image spirituelle. Car Dieu est équitable ! Il ne donne pas une chose à Pierre sans nous la donner à nous ! Ce que Jésus veut dire par : « Je te donnerai les clés », c’est : « Je vais t’équiper… tu vas marcher avec moi, Pierre, et on va ouvrir des portes ensemble. J’ai un avenir pour toi, Pierre. » Comprenez bien : l’amour est plus fort que l’enfer. Lorsque Jésus est ressuscité, Dieu donne la mesure de la toute-puissance de son amour.

3. Où est le Ressuscité ?

Il y a un verset extraordinaire dans Hébreux 1 : 6 qui dit ceci : « … lorsqu’il (Dieu) introduit le Premier-né dans le monde, il dit : Et que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. » Quand j’ai lu cela, j’étais extrêmement ému. Parce que les anges sont des agents de Dieu qui n’ont pas besoin de repos. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les anges travaillent pour Dieu. Ils sont puissants. Les hommes qui ont vu des anges ont été marqués par la gloire de Dieu qui repose sur eux. Les Ecritures indiquent qu’il y a des séraphins qui se tiennent nuit et jour devant le trône de Dieu, et qui chantent « Saint, saint, saint est le Seigneur ». L’épitre aux Hébreux mentionne des chérubins, des anges qui, partout dans le monde, œuvrent au service de Dieu !
Maintenant je sais qu’on a développé toutes sortes de spéculations sur les anges comme : « Il faut connaître son ange gardien…etc. » Comprenez bien : Ce n’est pas de connaître votre ange gardien dont vous avez besoin, mais de connaître le Roi des anges ! Ne perdez pas votre temps avec ces choses-là. C’est sur Jésus qu’il faut poser les yeux ! Voici pourquoi : parce Jésus est ressuscité. Et quand il est revenu à la vie, il est devenu le Premier-né d’entre les morts ! C’est ce que Jésus a dit à Jean quand il lui est apparu sur l’île de Patmos (Apocalypse 1 : 5) : « Je suis le Premier-né d’entre les morts. » Il n’est pas question ici de la naissance de Jésus dans la crèche à Bethléem ! Ce que la Bible annonce, ce que Paul enseigne, ce que Jésus a dit, c’est que par sa résurrection, après avoir pris sur lui tout le péché de l’humanité, Dieu l’a introduit dans le monde comme « Premier-né d’entre les morts » !

Et quand Jésus est sorti du tombeau, il s’est passé une chose inouïe que les hommes n’ont pas vue, mais ce fut extraordinaire. La Bible mentionne qu’il y a des myriades d’anges. Les auteurs bibliques ont écrit qu’on ne peut même pas les compter ! Cet océan d’anges partout en pleine activité pour Dieu, au moment où Jésus est ressuscité, se sont tous prosternés devant Lui ! Différentes versions de la Bible disent en Hébreux 1 : 6 que Dieu leur a demandé d’adorer le Fils, mais le mot grec utilisé ici, signifie « à plat ventre, prosternés » ! Jamais, lorsque j’étudie la Bible, je ne vois un ange prosterné. Ils sont toujours debout. Mais quand le Fils de Dieu est ressuscité, ils se sont tous prosternés face contre terre. Ce n’est pas fini. La Bible parle tout à coup d’un deuxième trône dans le ciel. Et Dieu tendant la main à son Fils, dit : « Viens t’asseoir à ma droite. » Tout ceci est biblique.

Mais où était le Fils ? Il ne venait pas ! Le ciel l’attendait, et il ne venait pas ! Les anges se prosternaient, et il ne venait pas. Il est écrit (Ephésiens 1 : 20-22) que Dieu avait mis tous les royaumes de la Terre sous ses pieds, mais il ne vint pas tout de suite. Il était où ? Il était au lac Tibériade. Au bord du lac, le ciel entier retenait son souffle, parce que Jésus attendait Pierre ! La Bible dit (1 Jean 4 : 9) que Jésus a manifesté l’amour de Dieu. Un homme se serait précipité sur son trône ; Jésus, lui, s’est empressé de prendre la main de Pierre. C’est céleste. Vous qui êtes loin de Dieu, vous qui essayez de suivre Dieu, qui êtes déçus de vous-mêmes. A vous, tout comme à Pierre, Jésus tend la main : « Je vais te faire entrer dans une nouvelle vie ».